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ABDOULAYE MAIGA SUCCEDE A CHOGUEL K MAIGA A LA PRIMATURE : Le colonel va-t-il rompre avec la méthode de l’homme politique ?

Réputé être un homme de valeur, le Colonel Abdoulaye Maiga qui assure aujourd’hui l’intérim du premier ministre Choguel Kokala Maiga, a été un bon ministre de l’administration territoriale, d’où une certaine unanimité après que le choix ait été porté sur lui pour assumer les hautes charges de la primature. C’est ce préjugé favorable qui doit       normalement être sa boussole pour mener à bien sa mission à la primature surtout quand il sera confirmé. Il doit totalement rompre avec la politique à la fois populiste et divisionniste de son prédécesseur afin de rassembler tous les maliens et de réconcilier le Mali avec tous ses partenaires bilatéraux et multilatéraux. Si tant est qu’il a su séduire même les opposants à la transition étant ministre de l’administration territoriale et de la décentration, il ne doit alors pas avoir de problèmes à gérer avec doigter et intelligence la primature afin qu’il laisse une bonne image à la postérité. Le Colonel Abdoulaye Maiga aurait-il les mains libres pour trouver un large consensus et mener à bien les réformes institutionnelles et constitutionnelles ? L’ombre de son prédécesseur ne va-t-il pas planer sur lui ?

Au Mali les défis sont immenses et les solutions proposées jusque-là sont en deçà des grandes attentes auxquelles les maliens aspirent. Des discours au relent populiste ont été tenus, des ruptures, au nom d’une souveraineté, ont été faites, une nouvelle alliance a été tissée avec la Russie, mais les problèmes majeurs restent entiers et sans solutions pérennes. Pendant 2 ans le Mali aura tenté de s’affranchir de ses voisins de la CEDEAO, de rompre avec la communauté internationale, au prétexte que ces deux entités sont esclaves de la France que les autorités maliennes ont voué aux gémonies. Tout ça pour simplement dérouler le tapis rouge devant la Russie, qui, il faut le reconnaitre, a fait beaucoup sur le plan de la dotation en équipements militaires des FAMa, mais les autres domaines tels que l’économie et les finances  restent déserts comme le sahel. C’est dans ce contexte très tendu que le Colonel Abdoulaye Maiga a été désigné pour assurer l’intérim du PM Choguel K Maiga. Si le choix n’est pas fortuit à cause de la valeur de l’homme, le nouveau PM est attendu sur plusieurs fronts, donc son salut ne pourrait venir que de sa grande capacité à transcender les clivages politiques et syndicaux et à rompre avec la politique va-t’en guerre et populiste de son prédécesseur.

Le Colonel Abdoulaye  Maiga aurait-il les mains libres ?

La réponse est sans nul doute oui, car le Mali est à la recherche d’un second souffle et qu’après les discours, une place de choix doit être maintenant  accordée aux actions. Donc si le Président de la Transition et tous les autres dirigeants veulent sortir par la grande porte de l’histoire, ils doivent soutenir les efforts du PM Abdoulaye Maiga  afin de rompre non seulement avec le passé récent fait d’exclusions, de règlement de comptes et d’auto promotion au détriment de l’essentiel, mais aussi de s’atteler aux réformes institutionnelles, constitutionnelles et politiques permettant au Mali de sortir définitivement du cercle vicieux des pays ayant battu le record en rupture constitutionnelle, bref en coups d’Etat à n’en pas finir. Pour ce faire le PM par intérim doit tendre la main à toutes les forces vives de la nation, à tous les maliens de quelques obédiences sociales ou religieuses qu’ils soient, afin de réaliser un large consensus autour des projets de réformes dans le souci de leur donner la légitimité nécessaire pour qu’elles résistent au temps et aux contingences politiques.

L’ombre de Choguel K Maiga  ne va-t-il pas planer sur le Colonel Abdoulaye Maiga ?

La petite télépathie que ses discours populistes ont suscité et qui crée une certaine symbiose entre Choguel et une frange du peuple ne va pas s’estomper de sitôt, donc ses partisans ne verront que du noir partout et les actions posées par l’actuel PM seront battues en brèche, mais avec la persévérance le peuple finira par se rendre compte qu’il a été floué par l’ancien PM et que derrière ses discours il y a qu’un vaste désert. La tâche du PM par intérim sera ardue car son prédécesseur a réussi à mettre le Mali dos à dos avec ses voisins de la CEDEAO, avec l’occident, qui comprend l’UE, les Etats Unis, avec l’UA. Bref il a condamné le Mali à vivre en autarcie dans un monde interdépendant. Ses partisans trouveront une excuse en disant que Choguel n’a été qu’un exécutant et que le maitre d’ouvrage n’était que le Colonel Assimi Goïta, Président de la transition.

En somme, la balle est dans le camp du nouveau PM qui aura certes du pain sur la planche, mais que sa mission est loin d’être au-dessus de sa capacité.

Youssouf Sissoko

VIOLATION DES DROITS DE L’HOMME RAPPORT DE L’EXPERT INDÉPENDANT ALIOUNE TINE : Qui cherche à isoler le Mali ?

A la suite du rapport de M. Alioune Tine, envoyé spécial de l’ONU au Mali, certains médias internationaux dénaturent les points du rapport en le ramenant systématiquement sur les soi-disant massacres de masse de civils attribués aux FAMa et à des mercenaires étrangers alors que les violations des droits humains au Mali est naturellement le fait des groupes terroristes et leurs complices qui font des ravages sur toute l’étendue du territoire malien et sont combattus avec courage , détermination et succès  par les forces de Défense et de Sécurité du pays. 

Le Mali a toujours démenti avec insistance l’existence sur son sol de mercenaires.

Cette campagne de  désinformation  contre le Mali est très dangereuse car elle a pour but d’isoler le pays et de pousser la communauté internationale à prendre des sanctions contre son gouvernement issu de la révolution menée par le peuple pour l’affaiblir et le renverser.

Fort heureusement pour le gouvernement malien dans ce contexte,  la Russie et la Chine ont compris ce complot et n’ont pas manqué de bloquer une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies demandant une « enquête indépendante » sur des allégations d’exactions à Moura parce qu’un tribunal militaire malien s’est déjà saisi du dossier.

Le projet de résolution avait été rédigé par la France, pays avec lequel le Mali a des rapports très tendus en ce moment.

La Russie et la Chine ont,  au contraire,  félicité le Mali pour sa « victoire importante » contre le « terrorisme » à Moura.

En ce qui concerne la nature des relations entre le Mali et la Fédération de Russie, contrairement à certaines idées reçues, la présence de formateurs et conseillers russes au Mali est très ancienne et fructueuse.

En effet, dès les premières heures de l’Indépendance du Mali en 1960, l’Union Soviétique a envoyé des centaines d’instructeurs pour aider le Mali à construire son armée et son administration.

La très grande partie du matériel militaire malien est d’origine russe et la plupart des cadres de l’armée ont été formés en Russie.

Le Mali entretient une très ancienne coopération d’Etat avec la Russie dans le cadre du respect de sa souveraineté.

Le Mali a clamé haut et fort qu’il n’entretient aucune relation avec une société militaire privée quelconque et  continuer à lui coller ces accusations sans preuve consiste tout simplement à le discréditer à cause de ses choix d’Etat souverain.

Dans le cadre de la lutte antiterroriste, le renforcement de la nouvelle dynamique de coopération militaire entre le Mali et la Russie est indispensable et les résultats sont visibles sur le terrain avec l’élimination de nombreux terroristes qui menaçaient les populations de Ménaka dans la zone des trois frontières.

Les avions livrés par la Russie ont permis de sauver des vies humaines et les forces maliennes font des progrès notables dans l’occupation et la sécurisation du territoire.

Le Mali vit un régime de transition qui veille au retour de l’ordre constitutionnel mis à mal par la mauvaise gouvernance, les pratiques indécentes.

Malgré la crise multidimensionnelle, le Mali a gardé son système démocratique pluraliste.

Sa population multiethnique et multiraciale est à l’image de son armée ce qui fait écarter toute possibilité d’exactions ciblées contre une ethnie ou une communauté.

Le Mali, dans son histoire est le lieu de brassage par excellence de populations de différentes races et ethnies et de civilisations soudano-arabo-berbère.

Il est le pays de la Charte du Mande’, première Déclaration universelle des Droits de l’homme.

Le monde entier doit soutenir le Mali qui demeure la base avancée de la démocratie dans cette région sahélo-saharienne où les groupes djihadistes font la loi.

La communauté internationale doit en prendre conscience avant qu’il ne soit trop tard car l’objectif des terroristes est de dominer toute la sous-région ouest-africaine pour y appliquer la charia.

Abdoulaye Simpara

Hydroma : un homme à la main magique : «L’hydrogène est une source d’énergie considérable pour le futur, et l’Afrique aura sa part à jouer dans la transition écologique» disait Aliou Boubacar Diallo

«Hydrogène naturel ». Ce terme ne vous est peut-être pas familier mais, pour certains chercheurs, ce pourrait être l’une des sources d’énergie du futur. Peu cher à exploiter, il a aussi l’avantage d’être non polluant. Si les pays développés commencent à peine à s’intéresser à ce trésor écologique présent dans les sols, au Mali, un homme investit dans ce secteur depuis une dizaine d’années. Recherche scientifique, exploration, transformation de l’hydrogène naturel en énergie… La société Hydroma de l’homme d’affaires malien Aliou Boubacar Diallo fait figure de pionnière au niveau mondial.

« Lorsque nous avons découvert l’hydrogène naturel, beaucoup disaient que cela ne servait pas à grand-chose. J’ai fait appel à des sociétés pour voir s’il était possible d’en faire de l’électricité. Nous avons réussi les tests de production avec une unité pilote installée en 2012, raconte Aliou Boubacar Diallo. Puis, pendant sept ans, nous avons réussi à produire de l’électricité décarbonée qui alimente les places publiques, les salles de prière et le domicile du chef de village de Bourakébougou, à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Bamako. »

Un homme à la main magique

Aliou Boubacar Diallo s’est aussi tournée vers l’hydrogène vert, fabriqué à partir d’eau et d’électricité issue d’énergies renouvelables. L’homme d’affaires en est sûr, « l’hydrogène est une source d’énergie considérable pour le futur, et l’Afrique aura sa part à jouer dans la transition écologique ».

Pour ce qui est des affaires, Aliou Boubacar Diallo a du flair et à la main magique. Il est considéré comme l’un des hommes les plus riches du Mali, mais élude avec courtoisie les questions sur le montant de sa fortune. S’il glisse simplement qu’Hydroma vaut « quelques milliards de dollars », Aliou Boubacar Diallo parle volontiers de ses origines modestes. Né en novembre 1959 à Kayes, dans l’ouest du Mali, il est le deuxième d’une fratrie de 19 enfants.

Son père cheminot était polygame. Après l’obtention de son baccalauréat, il décroche une bourse d’études et s’envole pour la Tunisie en 1979. Puis, en 1982, il se rend en Picardie, en France, pour une maîtrise en économie et gestion financière avant un troisième cycle dans la finance.

C’est à travers le rachat de la dette que j’ai fait mes premiers milliards

Après ses études, l’homme d’affaires crée une société d’import-export et se lance dans le rachat de dettes des pays africains. « La première dette que j’ai rachetée était celle du Mali auprès de la Barclays banque en 1990. Puis j’ai racheté celles de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, etc. À l’époque, nous étions quasiment seuls sur le marché. Nous participions à des réunions de la Banque mondiale et d’autres institutions internationales. C’est à travers le rachat de la dette que j’ai fait mes premiers milliards », se souvient-il.

Pour le businessman, ce marché était sûr : « C’était plus sûr de travailler sur les risques souverains que sur les dettes privées. La continuité de l’État garantit une certaine sécurité. De plus, les remboursements peuvent se faire via des compensations fiscales ou douanières, ce qui était bénéfique dans le cadre de ma société d’import-export ». C’est ainsi que, malgré le coup d’État qui renverse Moussa Traoré en 1991, le Mali s’acquitte de sa dette auprès de lui.

Yattara Ibrahim

Election présidentielle de 2024 : Aliou Boubacar Diallo, l’homme providentiel pour le changement tant attendu par les maliens

Le Mali traverse une crise politique et institutionnelle depuis 2020 suite à la chute du pouvoir de l’ancien président feu Ibrahim Boubacar Keita. Après des mois de bras de fer entre les autorités de la Transition, conduite par le colonel Assimi Goïta et la CEDEAO, un calendrier électoral a été adopté. Ce chronogramme place en dernière position l’élection présidentielle après les locales et les législatives.

Cependant, dans les états-majors politiques, les yeux sont braqués sur les différentes échéances. Sur qui les Maliens porteront leur choix à la tête de la magistrature suprême qui mettra fin à la Transition ? Une chose est sûre, Aliou Boubacar Diallo, un homme providentiel pour le changement tant attendu par les maliens.

Oui, Aliou Diallo est aujourd’hui l’homme politique à qui beaucoup de Maliens voudraient confier leur destin pour le premier mandat après la Transition dont la durée sera définie par une nouvelle constitution. L’actuelle loi fondamentale fixe la durée d’un mandat présidentiel à cinq (5) ans renouvelable une fois.

Nous sommes en 2018, année du scrutin qui a porté le candidat Ibrahim Boubacar Keita pour un deuxième mandat après celui de 2013. A la proclamation des résultatsdéfinitifs du premier tour par la Cour constitutionnelle, le candidat du parti Alliance démocratique pour la paix (ADP-Maliba), Aliou Diallo est arrivé en troisième position après le candidat sortant du RPM (Rassemblement pour le Mali) et celui de l’URD (Union pour la République), Soumaïla Cissé.

Aujourd’hui ces deux derniers ne sont plus en vie. Leurs formations politiques traversent en ce moment des moments difficiles. Dont les dernières décisions judicaires sont attendues dans les prochains jours. Aliou Diallo est élu député dans la circonscription électorale de Kayes lors des législatives de 2020. La liste qu’il a conduit passe dès le premier tour.

A la différence de plusieurs hommes politiques maliens, cet homme d’affaires est beaucoup visible à travers ses œuvres sur l’ensemble du territoire surtout auprès des populations les plus vulnérables. Surtout à travers sa fondation MALIBA. Il est quelqu’un qui est très engagé pour la cause du Mali. Aujourd’hui, l’homme a toutes les chances pour accéder au fauteuil présidentiel. L’une de sa force est la discrétion. Grand homme d’affaires qui mène ses activités au Mali comme à l’international, il reste attaché aux valeurs sociales dont une est la sociabilité. Toujours présentaux causes des autres. Aliou Diallo a beaucoup contribué au développement économique du Mali à travers ‘’Wassoul’or’’, une mine d’or et ‘’PetromaInc Canada’’, une autre société spécialisée dans la recherche du pétrole et du gaz.

Après les décès de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita et de l’ancien chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, tous anciens militants du parti ADEMA-PASJ, arrivés respectivement premier et deuxième lors de la présidentielle passée, toutes les portes s’ouvrent aujourd’hui pour Aliou Diallo, président d’honneur du Parti ADP-MALIBA. En août 2021, une coalition d’une vingtaine de partis politiques appelait à la candidature de l’homme pour l’élection présidentielle qui était prévue en 2022 selon l’ancienne charte de la Transition.

Ce soutien était motivé par le parcours politique de l’homme selon le chef de ladite coalition. Encore en novembre 2022, un autre regroupement d’une vingtaine de partis politiques avait procédé à une signature de convention en sa faveur. Ledit regroupement affirmait qu’il soutient sa candidature même si l’élection sera reportée.

Après la chute du régime Ibrahim Boubacar Keita, les acteurs du mouvement de 1991, sont généralement pointés du doigt par beaucoup de Maliens. Ces acteurs sont accusés d’être à l’origine de tous les maux du pays par leur gestion chaotique des affaires de l’Etat depuis 1992. Raison pour laquelle beaucoup préfèrent une alternance à la tête à l’Etat après la Transition. A cet effet, Aliou Diallo ne faisant pas partie de cette classe politique, et pourrait être l’homme providentiel pour ce changement tant attendu par les maliens. L’Homme à place qu’il faut, c’est encore lui, Aliou B Diallo.

Ibréhima KONE
SOURCE: Le Mali Emergent N°: 67 du lundi 15 Août 2022

Politique : Aliou Boubacar Diallo, l’homme sur qui doivent compter les Maliens après la transition

Serial-entrepreneur, l’homme d’affaires malien a sauté le pas en politique avec son parti l’Alliance démocratique pour la paix – Maliba. Arrivé en troisième position en 2018, il pourrait à nouveau être candidat lors de la présidentielle qui devrait se tenir au terme de la transition.

S’il y a aujourd’hui un homme qui se soucie du bien-être des populations maliennes et de l’avenir radieux de son pays depuis plus de trente ans, c’est bel et bien Aliou Boubacar Diallo. En effet, de Kayes en passant par Bamako jusqu’à Kidal, l’homme est connu dans l’humanitaire et sa participation dans la vie économique du pays à travers ses multiples entreprises à Kayes, à Bamako et dans le Wassoulou. Avant de se lancer dans la politique, Aliou Boubacar Diallo s’est fait remarquer partout dans le pays à travers plusieurs actions à savoir la construction des routes, des digues, des forages d’eau, la construction des mosquées, des centres de santé, d’écoles, de pavages de rues, le paiement de salaires d’enseignants et d’Imams. Et pour pérenniser cela à jamais même après lui, une fondation a été créée pour continuer les actions humanitaires dans le but de soulager les populations particulièrement celles des plus démunies.

Arrivé comme 3e lors de l’élection présidentielle 2018 (même si bon nombre d’observateurs avaient estimé qu’il était arrivé 2e ) derrière le président sortant d’alors et vu toutes les actions qu’il ne cesse de mener avant et après 2018, les maliens doivent choisir Aliou Boubacar Diallo s’ils veulent réellement un vrai changement en vue de redonner un vrai espoir à tout un peuple meurtri après trente ans de pratique démocratique qui a conduit à l’enlisement du pays à partir de 2012 avec deux coup d’état absurdes.

Face aux futurs enjeux cruciaux, certains mouvements, associations et partis politiques entendent apporter leur soutien pour faire élire le président d’honneur du parti ADP-Maliba. Plusieurs de ces responsables reconnaissent à Aliou Diallo sa clairvoyance, son souci permanent du Mali et sa capacité à gouverner le pays avec honneur, dignité et respect.

« Hydrogène naturel ». Ce terme ne vous est peut-être pas familier mais, pour certains chercheurs, ce pourrait être l’une des sources d’énergie du futur. Peu cher à exploiter, il a aussi l’avantage d’être non polluant. Si les pays développés commencent à peine à s’intéresser à ce trésor écologique présent dans les sols, au Mali, un homme investit dans ce secteur depuis une dizaine d’années. Recherche scientifique, exploration, transformation de l’hydrogène naturel en énergie… La société Hydroma de l’homme d’affaires malien Aliou Boubacar Diallo fait figure de pionnière au niveau mondial. « Lorsque nous avons découvert l’hydrogène naturel, beaucoup disaient que cela ne servait pas à grand-chose. J’ai fait appel à des sociétés pour voir s’il était possible d’en faire de l’électricité. Nous avons réussi les tests de production avec une unité pilote installée en 2012, raconte Aliou Boubacar Diallo. Puis, pendant sept ans, nous avons réussi à produire de l’électricité décarbonée qui alimente les places publiques, les salles de prière et le domicile du chef de village de Bourakébougou, à une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Bamako. »

La manne des dettes souveraines

Depuis, sa société s’est aussi tournée vers l’hydrogène vert, fabriqué à partir d’eau et d’électricité issue d’énergies renouvelables. L’homme d’affaires en est sûr, « l’hydrogène est une source d’énergie considérable pour le futur, et l’Afrique aura sa part à jouer dans la transition écologique ».

Pour ce qui est des affaires, Aliou Boubacar Diallo a du flair. Il est considéré comme l’un des hommes les plus riches du Mali, mais élude avec courtoisie les questions sur le montant de sa fortune. S’il glisse simplement qu’Hydroma vaut « quelques milliards de dollars », Aliou Boubacar Diallo parle volontiers de ses origines modestes. Né en novembre 1959 à Kayes, dans l’ouest du Mali, il est le deuxième d’une fratrie de 19 enfants. Son père cheminot était polygame. Après l’obtention de son baccalauréat, il décroche une bourse d’études et s’envole pour la Tunisie en 1979. Puis, en 1982, il se rend en Picardie, en France, pour une maîtrise en économie et gestion financière avant un troisième cycle dans la finance. C’est à travers le rachat de la dette que j’ai fait mes premiers milliards. Après ses études, l’homme d’affaires crée une société d’import-export et se lance dans le rachat de dettes des pays africains. « La première dette que j’ai rachetée était celle du Mali auprès de la Barclays banque en 1990. Puis j’ai racheté celles de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, etc. À l’époque, nous étions quasiment seuls sur le marché. Nous participions à des réunions de la Banque mondiale et d’autres institutions internationales. C’est à travers le rachat de la dette que j’ai fait mes premiers milliards », se souvient-il.

Pour le businessman, ce marché était sûr : « C’était plus sûr de travailler sur les risques souverains que sur les dettes privées. La continuité de l’État garantit une certaine sécurité. De plus, les remboursements peuvent se faire via des compensations fiscales ou douanières, ce qui était bénéfique dans le cadre de ma société d’import-export ». C’est ainsi que, malgré le coup d’État qui renverse Moussa Traoré en 1991, le Mali s’acquitte de sa dette auprès de lui.

Diallo s’intéresse ensuite à l’exploitation minière. Au début des années 2000, l’entrepreneur fonde la société Wassoul’or pour exploiter le gisement de Kodiéran Traorela, dans la région de Sikasso. Faisant ainsi de lui le premier malien à détenir majoritairement une société minière dans ce pays où ont été extraites 61,2 tonnes d’or, selon les chiffres du World Gold Council. Mais l’histoire de Wassoul’or n’est pas un long fleuve tranquille. La mine est inaugurée en grande pompe en février 2012 par Amadou Toumani Touré. Un mois plus tard, le président est renversé par un coup d’État militaire.

En juillet 2020, l’homme d’affaires malien revend toutes ses parts de la société. « Une mine, c’est toujours beaucoup d’investissement. J’ai ouvert le capital petit à petit afin de pouvoir continuer à financer le projet. Nous avons commencé avec un permis de recherche et aujourd’hui, après avoir produit une tonne d’or, j’ai vendu mes actions », explique-t-il.

Après Wassoul’or, au milieu des années 2000, Aliou Boubacar Diallo se diversifie avec Petroma pour valoriser un bloc de pétrole et gaz qu’il a décroché dans la région de Kati. Petroma est devenu depuis peu Hydroma, et l’homme d’affaires dit se consacrer désormais à l’hydrogène naturel, dont il est devenu l’un des ambassadeurs dans le monde.

Du financement de campagnes à la présidentielle de 2018

S’il faut attendre 2012 pour qu’il saute le pas en créant l’Alliance Démocratique pour la Paix – Maliba (ADP-Maliba), Aliou Boubacar Diallo était déjà un acteur important de la scène politique. Depuis la fin des années 1990, il finance des campagnes électorales. « Je pensais rester un entrepreneur. Mais en 2012, notre pays se disloquait. Nous avions perdu Gao, Tombouctou et Kidal. Les autorités qui avaient la charge de la chose publique ont failli et cela interpellait les Maliens de tous bords », justifie-t-il. Sur les conseils du chérif de Nioro, Bouyé Haïdara, dont il est proche, Diallo appelle à voter Ibrahim Boubacar Keïta et soutient financièrement sa campagne. Au sortir des élections, l’ADP-Maliba devient une composante importante de la majorité avec ses 9 députés, 340 élus communaux et 10 maires. Mais quelques années plus tard, en août 2016, le parti quitte avec fracas la majorité présidentielle. « Ibrahim Boubacar Keïta avait promis l’instauration d’un système fondé sur le mérite et la compétence, mais le slogan ‘le Mali d’abord’ est devenu celui de ‘la famille d’abord’ », avait fustigé Cheick Oumar Diallo, secrétaire politique national du parti. C’est donc sans surprise qu’en 2018, Aliou Boubacar Diallo se présente comme candidat à la présidentielle. Il recueille 8,33 % des voix et arrive à la troisième place, après Ibrahim Boubacar Keïta et Soumaïla Cissé, deux poids lourds de la scène politique. L’opinion publique estime qu’il arriverait au pouvoir déjà riche et non pour se remplir les poches.

Pour le sociologue Bréma Ely Dicko, trois facteurs expliquent son succès : « Les Maliens avaient envie d’un renouvellement de la classe politique. Ce sont les mêmes acteurs qui sont au-devant de la scène depuis 1991. Deuxièmement, son parti met en avant les jeunes. Il a réussi à en faire élire quelques-uns et à faire émerger des personnalités comme Amadou Thiam. Enfin, dans un pays où les scandales de corruption s’accumulent, l’opinion publique estime qu’il arriverait au pouvoir déjà riche et non pour se remplir les poches. »

En 2017, Amadou Thiam, alors président du parti a été l’un des leaders de la fronde contre la révision constitutionnelle voulue par IBK. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et le parti a également traversé une crise interne, qui a conduit à l’exclusion de son président. Lorsqu’en 2020 des manifestations éclatent au lendemain des législatives, au cours desquelles Aliou Boubacar Diallo est élu dans son fief à Kayes, l’homme d’affaires tente d’apaiser les tensions aux côtés d’IBK. Il lance également des appels au dialogue, entre le gouvernement et le Mouvement du 5 juin. L’ADP Maliba ne se joint donc pas au M5 pour réclamer la démission de l’ancien président. « Nous sommes un parti démocrate, qui veut accéder au pouvoir par les urnes et non par la rue », confie le nouveau président du parti, Youba Ba.

Le regard tourné vers l’après transition

Après le coup d’État, le parti n’est pas monté au créneau, comme d’autres formations politiques, pour réclamer une meilleure prise en compte au sein du Comité national de transition, sous peine de boycott. Aliou Boubacar Diallo, qui se pose en rassembleur, a souhaité « bonne chance aux membres du CNT ». « Il ne s’agit donc plus de rentrer dans des polémiques et des débats stériles mais plutôt d’accompagner les autorités de la transition dans la réussite de leur mission fondamentale : organiser des élections libres et transparentes », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux le 3 décembre dernier. C’est que l’homme d’affaires, désormais homme politique a le regard déjà tourné vers l’après transition. Même s’il n’évoque pas pour l’instant une candidature, il sillonne le pays depuis quelques semaines, toujours tiré à quatre épingles, à la rencontre des Maliens. « Notre parti est sur le terrain. Nous allons continuer à être proches des populations et recueillir leurs préoccupations », se réjouit Youba Ba.

Dans un pays où les conflits intercommunautaires font rage, saura-t-il rassembler autour de sa candidature ? « L’amalgame peul-jihadiste existe. Aliou Boubacar Diallo étant de la même ethnie qu’Amadou Koufa, chef de la Katiba Macina, il devra effectuer un gros travail de pédagogie et proposer des solutions concrètes aux problèmes des Maliens », explique Bréhima Ely Dicko. L’homme reste égal à lui-même avec son sourire dont il détient lui seul le secret. Il continue à grand pas la gestion de champ gazier où sûrement sortira le bonheur du Mali. Très doué dans le business, Aliou Boubacar Diallo est le profil aujourd’hui pour diriger ce pays après la transition.

Yattara Ibrahim

Disparition de Soumeylou Boubèye : L’homme, le martyr et la conscience des autorités de la transition

Victime, il l’aura été entre les mains des autorités de la Transition. Incarcéré, humilié pendant huit mois sans perdre son honneur et sa dignité. Soumeylou Boubèye Maïga a fini par rendre l’âme ce lundi 21 mars 2022 sur son lit d’hôpital de la Clinique Pasteur.

Entre émotion, indignation et colère, l’opinion publique nationale et internationale est restée sans mot devant la tragédie que représente la perte de cet homme d’Etat dans des conditions infrahumaines.

Une tragédie qui aurait pu être évitée si seulement les recommandations des experts médicaux et les cris de détresse de son épouse et sa famille avaient été entendus par les autorités de la Transition qui ont joué les sourdes oreilles.

D’un style unique et d’un sang-froid inégalé, Soumeylou Boubèye Maïga a incarné toutes les valeurs d’un homme accompli.

L’homme est parti pour toujours, sans jamais avoir l’occasion de dire sa part de vérité dans ce dossier épineux, dans lequel on le soupçonne. Et pourtant, c’était son vœu le plus ardent d’être écouté, afin qu’il soit blanchi une fois pour toute. Hélas ! On ne lui a jamais donné cette occasion. En bon croyant, on va mettre sa mort sur le compte du destin et s’en remettre la volonté du Seigneur.

Certes, nul n’est indispensable ni éternel. Mais avec la disparition de Soumeylou, le Mali perd une icône et un symbole de la lutte démocratique.

Oui, il a été un vaillant combattant pour l’avènement de la démocratie. Son courage et ses initiatives dans ce sens sont reconnus par tous ses camarades militants.

Au service de la nation, il a été exemplaire et un modèle de dirigeant. Oui, un fin stratège à qui les autorités de transition ont, malgré elles, reconnu dans un communiqué la qualité de ‘’Grand Serviteur de l’Etat’’.

Sur le plan politique, SBM fut un meneur d’homme, intrépide. Une bête politique craint et respecté de ses adversaires qui l’ont surnommé ‘’le Tigre’’ eu égard à son courage et la force de ses idées et sa conviction.

En ce jour fatidique, il a décidé de ranger les armes et pour de bon. Il laisse orphelins sa famille, ses camarades politiques et le peuple malien.

‘’Assassinat politique’’,  ‘’une mort programmé’’, ont dénoncé ses amis étrangers, à l’image du président nigérien.

Mourir est la volonté de Dieu, certes. Mais mourir en détention et faute de soins ; cela indigne toute âme sensible. La disparition de Soumeylou Boubèye dans des conditions misérables est une tâche noire sur le tableau de la Transition. Lui refuser des soins devrait peser sur la conscience des autorités et pour toute la vie. Et pour cause, cet homme ne devrait pas finir ses jours de la sorte. Il a mérité de la nation. Ce mérite lui a valu les hommages soutenus et la foule incommensurable qui a tenu à l’accompagner à sa dernière demeure.

Pour sûr, le Mali perd en lui l’un de ses dignes fils. Il pourra désormais dormir en paix au regard du riche héritage qu’il a légué aux générations futures.

Puisse Allah t’accorder le repos éternel au paradis.

Dors en paix le Tigre, car ton passage sur Terre a laissé des traces.

Hamadoun Mahamane

ATTEINTE AUX DROITS : Les enfants maliens victimes de plusieurs formes de violation

La crise politico-sécuritaire de 2012 a engendré une augmentation considérable des violations de droits de l’Homme au Mali, particulièrement chez les enfants qui constituent l’une des couches les plus vulnérables. Ceux-ci sont privés d’un grand nombre de droit comme ceux à l’éducation, à la santé et à l’enregistrement.

A cause de la crise sécuritaire, les enfants maliens sont enlevés, recrutés de force et exploités par les groupes armés. Ils sont également exploités pour des rôles de second plan comme rapporteurs, cuisiniers et porteurs soumis à l’endoctrinement, à la formation aux combats et à l’exploitation sexuelle. Très vulnérables et faciles à manipuler, ces enfants peuvent aussi être forcés à commettre ou être impliqués dans des infractions graves comme les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité.

Mali : Assimi GOITA, enquête sur l’homme qui défie la France (JEUNE AFRIQUE)

QUE PENSEZ-VOUS DE CETTE UNE DE JEUNE AFRIQUE ? VOTRE COMMENTAIRE NOUS INTÉRESSE.

Qui est vraiment Assimi GOITA ? Jusqu’où ira-t-il ?

Révélations sur un putschiste qui impose sa loi.