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M5-RFP : la guerre des stratèges fait rage !

Depuis quelques temps le torchon brûle entre les « stratèges » concepteurs de « Mali Kura ». A l’origine de cette guéguerre  avant la guerre au sein du comité stratégique du M5RFP, le limogeage de l’ancien ministre de la Culture, le cinéaste   Cheick Oumar Sissoko  à la tête  du mouvement Espoir Mali Kura (EMK) le 10 mai dernier, pour des raisons politiques par un noyau dirigé par le Pr Ibrahim Ikassa Maiga qui serait proche du Premier ministre Dr Choguel Kokalla Maiga, non moins président du comité stratégique du M5 RFP. La riposte de l’altermondialiste Dr Cheick Oumar Sissoko ne se fera pas attendre à travers un point de presse animé, le samedi 14 mai 2022 au siège de l’EMK à Magnambougou. Il dit  ne plus reconnaître le Comité Stratégique du M5/RFP dirigé par Choguel Kokala Maiga, réclame son départ de la primature et propose un gouvernement de mission. Cette guerre de clan risque de porter un coup dur à la transition. De quoi s’agit-il ?

Après la CMAS de Issa Kaou Djim, le mouvement  Yéréwolo débout sur les remparts de Adama Ben le Cerveau, de l’EMK de Cheick Oumar Cissoko, le tour est arrivé au comité stratégique du M5 RFP version rectifiée de la transition du PM Choguel de voler en éclat. En effet, les stratèges du M5 qui ont déboulonné le régime d’IBK  en août 2020, ne sifflent plus dans la même trompette. Pour cause, la guerre de positionnement et d’intérêts personnels    sont à la base de cette tension politique qui n’arrange pas la situation actuelle du pays.

M5 pris en otage et sur la voie d’abandon de ses idéaux.

Selon l’ancien ministre Cheick Oumar Sissoko le M5 est aujourd’hui  pris en otage par le PM et sur la voie d’abandon de ses idéaux.

« Avec des personnalités et des organisations membres fondateurs nous avons tenté de maintenir notre organisation mère sur ses principes d’organisation et son idéal pour le Mali. Peine perdue. Des méthodes de voyou ont bloqué la machine. Nous sommes obligés de dire que nous ne reconnaissons pas ce Comité Stratégique et son Président. Le PM va certainement partir. Il doit partir. Il va malheureusement laisser le pays exsangue de ressources financières. Il va laisser un pays isolé, divisé, fragilisé. La tâche ne sera pas facile pour conduire en ce laps de temps cette 3e étape de transition avec l’immensité des problèmes. EMK exige que cette 3e étape de transition soit une étape de rupture avec les pratiques anciennes de corruption, de gabegie, d’accaparement illégal des biens publics, de népotisme. C’est contre ces fléaux énumérés dans notre appel du 14 Mai 2020 que nous nous sommes battus. Hormis la question de la sécurité, rien à changer et pire, on continue à protéger les voleurs, les corrompus. Comment faire? Il faut un autre gouvernement, un gouvernement de mission de 15 à 20 personnes. » a laissé entendre  Cheick Oumar Sissoko.

En poursuivant, il accuse le N°1 du gouvernement que : « Depuis bientôt 12 mois, nous assistons à un one man show du PM Choguel. »

 et ne fait pas de cadeaux à ses anciens camarades du mouvement EMK. A ses dires, Ils privilégient à un moment de la lutte, leurs intérêts personnels aux intérêts du peuple Malien. Honte à eux! EMK appartient au Vaillant Peuple du Mali, à ses membres, à des organisations qui ont eu le courage de faire l’historique APPEL du 14 Mai 2020 qui a permis de faire une mobilisation populaire dont l’expression politique fut M5 RFP, aujourd’hui hélas moribond par la faute criminelle de ce noyau aux ordres de Choguel. Ni Bouba Traoré prétendument Président par intérim du Comité Stratégique, Chargé de mission à la Primature, ni Tiemogo Maiga, ni Aliou Sankaré Bidy, ni Ramos sorti des bois, ni Kader Maiga Conseiller très spécial de Choguel, ni Ikassa Maiga fut ce t il Ministre du gouvernement Choguel, ni Choguel leur mentor, n’empêchera EMK de suivre sa voie, son combat pour une Transition Réussie. Toujours selon lui, le PM Choguel a divisé le peuple malien, la classe politique, le M5, l’EMK, la jeunesse malienne pour son confort personnel et les délices du pouvoir. « Nous ne l’accepterons pas. Si la Transition de rupture ne devient pas une réalité. EMK va faire un APPEL DE MOBILISATION contre le pouvoir. Et cela, nous ne le souhaitons pas. » a-t-il conclu.

Pourquoi des alliés d’hier sont devenus subitement des ennemis ?

Aux dires du coordinateur de l’EMK, Cheick Oumar Sissoko, Il a signé une décision de l’assemblée générale EMK en date du 17 janvier 2022 qui demandait à remplacer trois de ses représentants au comité stratégique du M5RFP conformément aux principes d’organisation. Ils sont absents depuis 11 mois. Le mois de mai fait leur 12e mois. Le Comité Stratégique refuse, Choguel en tête, leur remplacement. Il s’agit de Bouba Traoré, du ministre Ibrahim Ikassa Maiga, de Kader Maiga.

« Comment Ikassa et les deux autres peuvent-ils parler du fonctionnement de EMK, de ses activités? » s’interroge t il.  Quant à Tiemoko Maïga, il ne vient pas depuis cinq mois. Aliou Sankaré Bidi était par contre présent à l’assemblée générale du 17 Janvier 2022.  « Ils mentent tous, ces bons musulmans pour plaire à Choguel. Ils disent défendre la Transition, mais ce sont leurs intérêts personnels, égoïstes liés aux promesses de Choguel qu’ils défendent. Promesses de postes au gouvernement, au CNT, et pour les jeunes promesses de postes au ministère de la refondation. » a-t-il révélé.

C’est cette décision de faire remplacer les lieutenants du PM Choguel au sein du comité stratégique qui a mis le feu aux poudres. Donc le clan Pr Ibrahim Ikassa Maiga,  ministre de la refondation de l’État, chargé des relations avec les institutions est passé à la vitesse supérieure pour chasser Cheick Oumar Sissoko de la tête de l’EMK à travers une déclaration rendue publique le mardi 10 mai 2022 au Mémorial Modibo Keita ou six membres sur les 17 que compte le comite de pilotage de l’EMK avaient signé cette annonce en occurrence, Tiemoko Mahamane Maïga, honorable Bouba Traoré, Aliou Sankaré, Ibrahim Ikassa Maïga, Abdel Kader Maïga et Abraham Douah Cissoko.

Les désormais anciens camarades de Cheick Oumar Sissoko, l’accusent de haute trahison envers ses camarades politiques, son refus de participer aux réunions du noyau, la prise de distance de M. Cheick Oumar Sissoko vis-à-vis du noyau pour s’adonner à un travail fractionnel permanent, La déclaration devant la jeunesse EMK, le comité scientifique et le comité de pilotage, qu’il ne connait point le noyau dont il avait été coordinateur et la réclamation de rupture avec la transition. Face à ces agissements du coordinateur de du mouvement Espoir Mali Kura, ces six camarades de lutte ont décidé de prendre leur distance de lui en le démettant de ses fonctions de coordinateur. Dans ce ping pong, qui dit vrai entre Cheick Oumar et ses adversaires du jour ? rien n’est moins sûr. En tout cas, la guerre est ouverte entre les « stratèges » et les « opportunistes » du M5RFP. Dans ce Mali Kura l’opportunisme a pris le dessus sur le patriotisme ! Le président de la transition Col. Assimi Goita va-t-il siffler la fin de la récréation ? wait end see….

Bechir Ben le Cherif

ESPOIR MALI KOURA (EMK): Une histoire de révolution racontée par Tahirou Bah, ancien membre de la commission de communication du mouvement

Beaucoup de gens s’agitent aujourd’hui sur la surface du combat et de la lutte que le M5-RFP a menée pendant l’année 2020, mais peu de personnes connaissent ses réalités historiques. Tahirou Bah nous révèle sa part de vérité sur la question en quelques lignes.

Lisez pour comprendre…

Au dire de Tahirou Bah, c’est une poignée d’hommes, après une réflexion approfondie sur la situation politique, sociale du pays qui se sont retrouvés pour amorcer la lutte avec loyauté et sincérité dans le seul but de sauver le pays de l’abîme…

Et ces hommes n’avaient aucun intérêt personnel lorsqu’ils ont décidé que plus jamais rien ne sera comme avant. Ils se sont donnés corps et âme pour que le Mali Koura puisse voir le jour. Presqu’inconnus du grand public, ces hommes se sont donnés pour mission de réunir toutes les énergies patriotiques pour que le Mali puisse se relever d’une gestion chaotique de plus de sept ans de gestion du pouvoir par le régime d’IBK.

Il rappellera ainsi, une citation de Nelson Mandela, qui disait : « contraient à la pensée populaire, l’histoire n’est pas écrite souvent par ses acteurs les plus célèbres ».

‘’Aujourd’hui, il est tellement facile de s’arroger la paternité d’espoir Mali Koura-EMK,  mais à partir d’aujourd’hui, en tant que témoins oculaires et acteurs de première heure, nous allons rétablir certains faits historiques qui ont abouti à la création d’espoir Mali Koura et sa lutte héroïque au sein du M5-RFP’’, martèle-t-il. Et de promettre d’autres révélations dans les jours à venir.

Dognoume Diarra

Cheick Oumar Sissoko, président de l’EMK : « Le M5-RFP ne donne pas un chèque en blanc à la transition »

Alors que beau nombres de Maliens s’interrogent sur le sort du Mouvement M5-RFP qui connaît beaucoup de remous en son sein, dans une interview accordée, Cheick Oumar Sissoko, président de l’EMK non moins membre fondateur du M5, parle de la situation qui prévaut et ses rapports avec l’actuel Premier ministre. Pour lui, ils n’ont jamais donné un blanc seing à la transition. Lisez !

Azalaï Express : M. Le président, comment se porte le M5-RFP ?

Cheick Oumar Sissoko : Tout le monde se pose la question aujourd’hui sur le M5-RFP, nous sommes inquiets. Vous savez sans doute que je suis l’un des signataires de la lettre qui demande tout simplement que  nous nous réunissions autour des problèmes à résoudre pour donner au M5 sa force d’antan, remettre en selle  ses objectifs et participer  au renforcement de la transition dans le cadre du soutien aux autorités de la transition. Nous avons une personnalité qu’il faut maintenir, qui doit évoluer avec le temps, avec les exigences politiques de la transition de notre pays. Parce que nous sommes et nous voulons continuer à être une alternance politique crédible pour que cette transition réussisse et pour préparer l’après-transition. Car nous ne voulons plus retourner à la case départ. Ce pays, depuis le 19 novembre 1968, est régi par un système politique, social et culturel qui ne fait que le plonger dans l’archaïsme économique et social, alors que le Mali a des ressources naturelles et humaines importantes. Et il faut que cela change. Alors, c’est ce besoin que nous avons.

Le document (la lettre) que nous avons envoyé n’était pas destiné aux réseaux sociaux. Nous avons déposé la lettre physique auprès du président par intérim du comité stratégique du M5-RFP, Boubacar Karamoko Traoré. Nous avons été surpris de voir cela sur les réseaux. Donc, nous attendons.

Je ne sais pas si vous avez vu sur les réseaux sociaux les insultes à l’endroit de Me Mountaga Tall. Ils ne sont pas à leur première fois. Toute personne qui ose émettre une idée, je ne dis pas une critique, sur la transition, se fait insulter, matraquer par ceux que j’appelle les chiens méchants.

Selon vous, qui sont derrière ces insultes ?

Mais c’est de cela que nous voulons discuter au niveau du comité stratégique ; voir quelles sont les entraves à l’épanouissement du M5, quelles sont les entraves à la plus grande contribution du M5  à  la réussite de la transition ? Le M5 ne donne pas un chèque en blanc à la transition. Quand nous avons désigné le Premier ministre en la personne du président du comité stratégique, nous avons bien dit que nous resterons une veille citoyenne pour apporter notre contribution. Nous avons dit, pour que cela soit, le PM ne peut pas rester le président du comité stratégique. D’abord parce qu’il est aux affaires de l’Etat, il n’aura pas le temps pour travailler à l’organisation et à l’orientation du M5. Ensuite, il ne saura pas être la veille citoyenne. Parce que la veille citoyenne c’est dire quand ça va, on soutient, on applaudit ; quand ça ne va pas, on fait des observations, des critiques.

Aussi, a-t-on fait savoir que tous ceux qui sont dans l’action gouvernementale, comme les ministres, ne peuvent pas être dans le comité stratégique. Ils ont suffisamment à faire pour être là. La preuve : malgré le fait qu’on a aménagé nos réunions (c’était les mercredis, on a décidé de les tenir les jeudis), on voit de temps en temps deux ministres, notamment Bakary Doumbia et Bréhima Kamena. Et le second n’était pas dans le comité stratégique.

Toute la question est là. On craint que si nous continuons comme cela, que notre grande alternative politique, crédible ne disparaisse.

Les gens peuvent penser que c’est la mauvaise foi qui nous guide, mais on a l’habitude de cela.

Dans la lettre qui a circulé sur les réseaux sociaux, vous dénoncez la mainmise du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga sur le M5 et le refus de ce dernier d’organiser les conditions pour changer l’instance dirigeante du mouvement. Y a-t-il eu une réaction de la part du PM ?

Non, il n’y a pas eu de réaction de sa part. On a regretté que la lettre ait été diffusée. La seule réaction a été qu’on se mette à dérailler encore sur les gens, surtout sur les réseaux sociaux.  C’est dommage ; ce n’est pas de la politique.

Vous êtes l’un des leaders du M5 dont la lutte a été parachevée par les militaires. Après la rectification entre guillemets de la trajectoire de la transition, la Primature vous a été confiée. Est-ce qu’aujourd’hui ce pays marche avec l’idéologie ou encore la voie tracée par le M5-RFP ?

Le M5 a effectivement élaboré un document. C’était des axes de travail : 10 points et 17 mesures. Dans ces 10 points et 17 mesures, ce qui est en train d’être fait et qui nous rassure, c’est la question de sécurité, la question de la guerre. Nous avions en premier point demandé à s’attaquer à cette guerre et à la résoudre. On n’a pas cessé de mettre l’accent là-dessus. Le PM lui-même a fait un document de 32 pages sur la solution de sortie de crise que nous avons intitulé « la mobilisation des Maliens contre la guerre qui nous ont imposé ». Où nous proposons que chaque cercle soit doté d’un bataillon militaire, avec un recrutement de  1500 jeunes. Et nous en avons plus que jamais besoin aujourd’hui, parce qu’il ne faut pas écarter la réaction de la France jusqu’à la tentative de « somalisation » du Mali.

Donc, les 10 points, dans la plupart, restent en détail.

Entretenez-vous de bons rapports avec le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga ?

Les relations sont bonnes. Nous n’allons pas à l’affrontement, absolument pas.  Nous soutenons la transition ; nous demandons tout simplement que le M5 ait voix au chapitre. Le mouvement ne s’exprime plus que dans l’attente de la décision des autorités pour être une caisse de résonnance. C’est comme un président de parti politique qui monte au pouvoir ; il a une base sociale. Il demande d’applaudir à chaque fois qu’il a des choses qui se passent. Nous disons, nous applaudirons aux choses effectives pour les intérêts du pays, mais nous apporterons notre contribution par nos idées. Et les Maliens savent que nous avons apporté des idées. Nous avons été cette expression politique de mouvement qui s’est enclenché dans le pays.

Vous soutenez la transition, vous êtes donc comptables de tout ce que la transition fait. Est-ce que cela veut dire que vous soutenez les discours du Premier ministre, souvent va-t-en-guerre ? 

Il y a pas eu ce débat au niveau du comité stratégique du M5-RFP, justement parce qu’il y a pas de débat. Puisqu’on refuse toute note discordante, c’est cela qu’on veut.  Mais si vous me demander en tant que EMK, oui nous reconnaissons les autorités. Mais aujourd’hui nous avons besoin de rassembler tout le monde. A quoi cela sert-il de stigmatiser des membres des groupes politiques qui sont dans le M5.

On m’a stigmatisé, quand le Premier ministre dit que Aliou Sangaré du  EMK et moi avions en projet de rééditer ce qui a été fait en 1991, envoyé les enfants à la mort.

Que répondez-vous à cette accusation ? 

Mais écouter, j’étais avec les enfants. C’est eux qui n’ont pas voulu venir. C’est nous qui avions décidé d’aller remettre la lettre de démission au président de la République à son domicile.

Quand on n’est arrivé à terme  et qu’au micro ça a été dit maintenant nous allons à Sébénikoro, je leur ai fait savoir que les jeunes sont en train de partir ; nous ne pouvons pas ne pas y aller.  Ils m’ont répondu qu’on allait faire le débriefing. Je dis, quel débriefing ? On n’a  pas encore fini. Nous avons la responsabilité de ces enfants. Nous ne pouvons pas les laisser aller parce que nous ne savons pas ce qui les attend là-bas. Donc, il faut  aller pour les encadrer. Ils ont refusé. C’est là que j’ai décidé de partir. Donc Moussa Sinko qui a entendu la discussion a décidé de me suivre.

C’est comme ça que je me suis retrouvé côte à côte avec le général Sinko. Et il n’était pas au comité stratégique. C’est après qu’il est venu me remplacer au sein du comité.

Alors, quand Choguel dit que je voulais envoyer les enfants à la mort, alors cela veut dire que je suis téméraire, un suicidaire. Puisque j’envoie les enfants à la mort et je les rejoins. C’est méchant et c’est la division.

Interview réalisée Abdrahamane Baba Kouyaté